Rencontre charnelle - Eric Daumont

Sublimation sérielle. l’expression a beaucoup servi, mais pour une fois, l’effet est saisissant.
Ne vous arrêtez pas, découvrez d’abord ces nus dans un mouvement fluide, avant d’y revenir. Au fil des visages, des corps assis ou allongés, on reconnaît le motif du canapé, du fauteuil. rouge et vert, un duo pas forcément facile pour valoriser le sujet.

Cette contrainte, Eric Daumont l’a choisie pour la valeur de l’exercice, et nous, les visiteurs, la prenons… pleine face.
Il, elle, elles nous regardent, un regard souvent rieur ou amusé, mais tout le reste du tableau dit autre chose de la difficulté d’être dans sa nudité. alanguis, oui, mais pas détendus.

Sa patte ? Aujourd’hui on la reconnaît clairement dans les blancs et les gris clairs, qui soulignent chaque ombre, et les gris foncés, qui creusent chaque pli. Crue, c’est une peinture crue, vibrante encore de vie, peut-être cruelle même dans son humanité. Avec comme une mollesse, dans certains corps, comme si la gravité avait déjà gagnée la partie.

Drôles de rencontres.
Incarner avant tout une relation à l’autre, c’est l’objectif d’Eric Daumont quand il travaille à sa peinture
Peintre réaliste ? Oui, clairement, franchement, mais pas seulement.
Son trait, noir, est au service d’une émotion, des émotions en jeu lors de la pose. Et c’est ce qui reste quand, enfin, on réussit à quitter ces toiles du regard et reprendre le cours de sa vie.

L’impression d’avoir fait une drôle de rencontre, réaliste, cash avec un homme et son talent.

Valérie Decroix